ECOLOGIE POLITIQUE DES CONFLITS FONCIERS DANS LA PROVINCE DE LA TSHOPO Entre gouvernance coutumière et justice environnementale
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.22688444Résumé
Résumé
Cette étude s'inscrit dans une démarche mixte combinant une analyse quantitative, fondée sur des statistiques descriptives (fréquences absolues et relatives, moyenne, écart-type), et une analyse qualitative, reposant sur un codage thématique des entretiens. L'enquête a été menée en face-à-face entre janvier et mars 2026 auprès de 53 répondants répartis dans les trois territoires — Opala (45,3 %), Banalia (32,1 %) et Basoko (22,6 %) —, dont 40 hommes (75,5 %) et 13 femmes (24,5 %), majoritairement des agriculteurs et éleveurs (66,0 %), ainsi que des autorités coutumières et locales (13,2 %). La gouvernance coutumière domine la régulation foncière, les chefs coutumiers étant les acteurs les plus cités (30,2 %), et la médiation coutumière constitue le mécanisme de résolution majoritaire (67,9 %). La conflictualité s'avère plus marquée à Banalia et à Basoko qu'à Opala, où prévaut un régime de conflictualité contenue. Les résultats corroborent les deux hypothèses : le chevauchement entre légitimité coutumière et légalité étatique, exacerbé par les pressions extractives et environnementales, constitue le moteur central de la persistance des conflits fonciers, malgré une régulation locale encore crédible.
Mots-clés : écologie politique ; conflits fonciers ; gouvernance coutumière ; justice environnementale ; Tshopo.
Abstract
The study follows a mixed-methods design combining quantitative analysis, based on descriptive statistics (absolute and relative frequencies, mean, standard deviation), and qualitative analysis, based on thematic coding of the interviews. The survey was conducted face-to-face between January and March 2026 with 53 respondents across the three territories — Opala (45.3%), Banalia (32.1%), and Basoko (22.6%) — including 40 men (75.5%) and 13 women (24.5%), predominantly farmers and livestock keepers (66.0%), alongside customary and local authorities (13.2%). Customary governance dominates land regulation, with customary chiefs the most cited actors (30.2%), and customary mediation is the predominant resolution mechanism (67.9%). Conflict proves more pronounced in Banalia and Basoko than in Opala, where a regime of contained conflict prevails. The findings corroborate both hypotheses: the overlap between customary legitimacy and state legality, exacerbated by extractive and environmental pressures, constitutes the central driver of persistent land conflicts, despite a still-credible local regulatory order.
Keywords : political ecology ; land conflicts ; customary governance ; environmental justice ; Tshopo.
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