Contribution des organisations paysannes à la structuration de la production et de la commercialisation de l’igname dans la commune de Ntui, Cameroun
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.22148660Résumé
Résumé
Dans un environnement où l'accès aux ressources productives est limité et le secteur des filières rurales fonctionne de manière insuffisante, l'Organisation Paysanne (OP) est considérée comme un moyen potentiel de l'amélioration des performances économiques des petits producteurs. En effet l’étude analyse le rôle que jouent les organisations paysannes en ce qui concerne l'accès aux ressources et l'influence qu'une telle implication pourrait avoir sur la performance économique des producteurs d'igname de la commune de Ntui (centre-Cameroun). Une enquête a été réalisée chez 72 producteurs d'igname (38 membres et 34 non membres d'OP). Les résultats montrent une population de producteurs féminins (83%), peu instruits (80% niveau primaire), produisant sur de petites surfaces (0,5 ha environ). Le rôle des OP se révèle être surtout dans la structuration de la production qui souffre d’un accès insuffisant aux services (40% pour l'input et 11% pour le crédit). Les membres bénéficient d'un prix de vente nettement supérieur (389,9 contre 380,5 FCFA/kg) sans aucune différence significative, par contre la marge brute est supérieure chez les non-membres (66 651 contre 55 708 FCFA/kg ; p-value = 0,04). Le modèle économétrique (R² = 0,49 ; p < 0,001) indique que l'affiliation à une OP ne joue aucun rôle dans les performances économiques (β = -0,525 ; p = 0,105), contrairement à la quantité récoltée, le coût de production et l’association culturale, qui constituent des facteurs significatifs. Ces résultats suggèrent que la performance économique dépend d’avantage des critères techniques qu'organisationnels, malgré la présence d'OP inefficaces et d'une faible structure organisationnelle.
Mots clés : Organisations paysannes, igname, performance économique, accès aux services agricoles, Cameroun.
Abstract
In an environment characterized by limited access to productive resources and underperforming rural value chains, farmer organizations (FOs) are viewed as a potential means to improve the economic performance of small-scale producers. This study analyzes the role of FOs regarding resource access and the potential impact of such involvement on the economic performance of yam farmers in the Ntui commune (Central Cameroon). A survey was conducted among 72 yam farmers (38 FO members and 34 non-members). The results reveal a producer population that is predominantly female (83%), has low levels of education (80% with only primary schooling), and cultivates small plots (approximately 0.5 ha). The role of FOs appears to lie primarily in structuring production, suffering inadequate access to services (40% for inputs and 11% for credit). While members obtain a slightly higher selling price (389.9 vs. 380.5 FCFA)—though the difference is not statistically significant—non-members achieve a higher gross margin (66,651 vs. 55,708 FCFA/kg; p-value = 0.04). The econometric model (R² = 0.49; p < 0.001) indicates that FO membership plays no role in economic performance (β = -0.525; p = 0.105); in contrast, the quantity harvested, production costs, and cropping systems emerge as significant factors. These findings suggest that economic performance depends more on technical criteria than on organizational ones, despite the presence of inefficient FOs and weak organizational structures.
Keywords: Farmers’ Organizations, yam, economic performance, access to agricultural support services, Cameroon.
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